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Une étude encourageante sur les Coléoptères saproxyliques

par Pascal Corbin 10 Février 2020, 15:09

Lucane cerf-volant mâle, un coléoptère remarquable dont les larves se nourrissent de bois mort. (photo ONF)

Lucane cerf-volant mâle, un coléoptère remarquable dont les larves se nourrissent de bois mort. (photo ONF)

Un organisme saproxylique dépend, pendant une partie de son cycle de vie, d’arbre moribond ou mort, debout ou à terre.

Un organisme saproxylique dépend, pendant une partie de son cycle de vie, d’arbre moribond ou mort, debout ou à terre.

Entre 2011 et 2019, en forêt domaniale de Bercé, une large étude sur les Coléoptères saproxyliques a été menée sur tout le massif par les membres du réseau naturaliste Entomofaune (Insectes) de l’ONF. Avec deux objectifs à la clé :  améliorer la connaissance de la diversité des insectes sur le massif et évaluer l’impact de la mise en œuvre de multiples mesures favorables à l’expression de la biodiversité dans le massif de Bercé. La synthèse de ces inventaires a été rendue publique auprès du Comité Scientifique Bercé Forêt d’Exception (rassemblant l’ONF et les associations naturalistes locales). Elle révèle une diversité en coléoptères exceptionnelle sur le massif.
 « Une espèce saproxylique dépend de la décomposition du bois et y contribue pour au moins une étape de son cycle de développement », détaille Anthony Jeanneau, technicien forestier territorial et membre du réseau naturaliste ONF Entomofaune. « 49% de ces organismes sont des insectes, 1/5 de ces derniers, des coléoptères. Les forestiers sont attentifs aux insectes saproxyliques car ils appartiennent au groupe écologique des recycleurs organiques, indispensables à la forêt et à la qualité des sols forestiers. En forêt domaniale de Bercé, les coléoptères saproxyliques ont justement fait l’objet d’études approfondies depuis 2011. » 
Plus récemment, un nouvel inventaire a été réalisé, complétant les premières observations. « Les résultats sont sans appel. Près de 400 coléoptères saproxyliques ont été identifiés dans ce massif. Près de 70 d’entres-eux sont à caractère bioindicateur, c’est-à-dire que leur présence renseigne sur certaines caractéristiques écologiques de l'environnement ou sur l'incidence de certaines pratiques, informations utiles aux forestiers. » Deux espèces particulièrement remarquables ont été découvertes sur Bercé. Il s’agit du Pityophagus quercus extrêmement rare en Europe observé dans la Futaie des Clos, et l’Allecula rhenana. Ces résultats encouragent les forestiers à continuer leurs recherches entomofaunes et confirment l’impact positif de la politique menée par l’ONF autour de la conservation sur site de bois mort et d’arbres bio sur la forêt domaniale de Bercé.
Afin de garantir la conservation des espèces de faune et de flore dépendant des vieux peuplements, l'ONF met en place progressivement des îlots de vieux bois (îlots de sénescence et/ou de vieillissement). Le gestionnaire forestier souhaiterait à long terme que ces îlots représentent à minima 3% de la surface des peuplements forestiers dans les forêts domaniales. Autre action majeure inscrite au cœur de la gestion forestière : la conservation de 3 arbres bio (1 arbre mort et 2 arbres sénescents / à cavité / champignonnés) à l'hectare, qu'il soit à terre ou sur pied. Indispensable à la vie de nombreux insectes, champignons et oiseaux, qui y trouvent logis et nourriture, ces bois morts abritent en effet près de 25 % de la biodiversité forestière.
 

Article paru dans Ouest-France Pays de la Loire 19 février

Article paru dans Ouest-France Pays de la Loire 19 février

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