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La forêt sarthoise est devenue fragile

par Pascal Corbin 9 Décembre 2015, 10:23

La Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP21) qui réunit actuellement les chefs d’Etat à Paris, est une bonne occasion pour orienter les projecteurs sur l’état de santé de nos forêts domaniales sarthoises. La question étant d’évaluer les ressenties des forestiers et connaître l’anticipation face à la montée du thermomètre. Joël Linte, responsable de l’Unité Territoriale Sarthe et Mayenne à l’Office Nationale des forêts, fait le point.

Les plans d’aménagement actuels et futurs tiennent t’ils comptent du réchauffement climatique ? La forêt est un puits de carbone, elle absorbe et stocke le carbone produit par l’activité humaine. La forêt fait fonction d’amortisseur du réchauffement et ce sont les arbres jeunes qui absorbent le plus ce carbone. Depuis le début des années 2000, nous avons observé certains changements et pour le plan d’aménagement forestier en cours (2007-2026) nous en tenons compte. Cela implique l’introduction d’une sylviculture plus dynamique. Les arbres sont moins serrés entre eux afin de produire plus de bois. Sur les zones brûlées de Bercé, nous allons y introduire une nouvelle essence : le pin maritime de Corse, plus apte aux variations de température parfois extrême. Nous allons procéder à un suivi de ces plantations.

Quels sont les ressentis ou observations des forestiers ? En Sarthe, nous avons remarqué un allongement de la période de végétation d’environ 10 jours. Nous ne replantons plus de pin laricio, il est atteint de la maladie des bandes rouges. (Le lien avec le réchauffement climatique n’est pas encore avéré). En forêt de Perseigne, les chênes pédoncules dépérissent et nous sommes assez inquiets vis-à-vis des hêtres qui exigent beaucoup d’eau.

Des disparitions d’espèces végétales ont-elles été remarquées ? Non, d’autant que nous réalisons de plus en plus d’inventaires. Sur le plan faunistique, celui réalisé récemment par un ornithologue laisse apparaître certaines espèces (le bouvreuil pivoine ou Bruant jaune) migrant vers le nord à la recherche de fraîcheur.

Quelles sont nouvelles orientations et actions menées ? Nous favorisons les corridors écologiques avec la restauration d’une soixantaine de mares et points d’eau, la création d’îlots de vieillissement (arbres de plus de 200 ans) sur toutes les forêts. Sur Perseigne, nous avons reconstitué le parcours d’un cours d’eau pour favoriser des zones humides. Sur chaque parcelle forestière, nous laissons et identifions des arbres à forte valeur écologique. On les appelle des arbres bio. Plus globalement, nous tentons aussi de mettre en place un bon équilibre entre la faune et le végétal car la forêt est beaucoup plus fragile qu’au paravent. Sur le plan humain, le métier de forestier a aussi évolué avec des spécialités au cœur des équipes : environnement, bio diversité, accueil public.

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